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(ouverture de Mouton 1918 dont l’étiquette Carlu est en tête de ce blog. A gauche, on reconnait Mouton 1945)

 

 

 

 

 

 

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312ème repas de wine-dinners samedi, 15 août 2026

Le 31 décembre et le 15 août sont les deux points culminants des repas que nous faisons avec nos amis proches. Pour le déjeuner du 15 août de cette année, nous avons invité deux amis qui ont participé à tous les 15 août de notre maison du Sud depuis près d’une vingtaine d’années, un ami de Paris venu avec son fils qui est un grand connaisseur de vin, un ami de Lyon, lui aussi très grand connaisseur, comme un ami d’Aix-en-Provence. Avec l’apport des vins des amis et les miens nous avons un si beau programme que ce repas sera considéré comme le 312e repas de wine-dinners. On peut en juger en voyant la liste des années :

1926 – 1926 – 1928 – 1929 – 1953 – 1954 – 1955 – 1976 – 1997 – 2002 – # 2016.

L’ouverture des vins commence à 8h30 et se poursuit jusqu’à 11 heures. Les amis déjà présents viennent assister à cette séance pendant laquelle j’ouvre tous les vins. Il y a de belles surprises olfactives, des bouchons qui résistent et d’autres qui viennent parfaitement. C’est une séance d’ouverture habituelle, mais rendue passionnante par les commentaires et les échanges que nous créons.

Nous avions bu hier le champagne Salon 2002 en magnum et j’ai voulu que l’on en garde pour que l’un des amis, qui n’est arrivé que le 15 au matin, puisse goûter ce champagne.

L’apéritif, commence par le Champagne Salon 2002 en magnum, ouvert la veille. Il n’a pas bougé d’un seul iota et, sur la poutargue, comme hier, il prend une envolée assez impressionnante. Avec un caviar osciètre présenté sur des pommes de terre très douces, l’accord est très intéressant. La rillette très opulente accueille le Champagne Salon 1997. Nous nous rendons compte à quel point les deux champagnes Salon sont différents. Le 1997 est très solide, puissant, avec une assise très forte, alors que le 2002 est beaucoup plus large, plus aérien, plus inspirant. Mais les deux sont évidemment très grands et je suis heureux de constater qu’ils partagent le même ADN, celui d’un champagne de très haute qualité.

Nous servons maintenant le Champagne Substance de Jacques Selosse. Une nouveauté de la maison Selosse est que la date de dégorgement n’est plus indiquée directement sur la bouteille. Il faut désormais se tourner vers un système accessible par internet qui, hélas, ne nous a pas donné l’information recherchée. On peut cependant supposer que ce champagne est assez récent, ce que semble corroborer le pschitt très puissant à l’ouverture. C’est un champagne très jeune, mais très charpenté, très vivant et très efficace. Il montre surtout une grande différence avec les deux champagnes Salon. On pourrait dire que le Selosse est beaucoup plus affûté, beaucoup plus pointu que les deux Salon, qui s’expriment dans un registre différent, d’opulence et de générosité.

Des petits boudins blancs vont merveilleusement bien avec le Champagne Substance. J’ai l’intuition que ce boudin blanc irait parfaitement avec le Meursault Charmes Chanson 1928. Nous gardons donc quelques morceaux de ce boudin pour les goûter lorsque nous passerons à table.

À table, je sers trois vins blancs : le Meursault Charmes Chanson 1928, le Chassagne-Montrachet 1926, de producteur inconnu, et l’Hermitage La Tour Blanche Jaboulet-Verchère 1955. Nous sommes subjugués par la perfection de ces trois vins blancs. Il est assez étonnant qu’ils soient aussi vivants, et la plus belle surprise est le Chassagne-Montrachet 1926, qui a une couleur d’une fraîcheur incroyable et une vivacité qui étonne tout le monde. Comment un vin de cent ans peut-il être aussi frais et aussi fringant ?

L’accord avec les petits morceaux de boudin blanc que nous avons gardés est sublime avec les trois vins. Je pensais qu’il serait surtout remarquable avec le Meursault 1928, mais il fonctionne tout aussi bien avec le Chassagne-Montrachet 1926 et avec l’Hermitage 1955.

Le cœur de saumon fumé, pièce particulièrement moelleuse taillée dans la partie la plus charnue du filet de saumon, crée un accord génial avec les trois vins blancs, et nous avons l’impression de vivre une expérience unique. De nouveau, comment est-il possible que ces vins soient si grands ? Nous sommes tous subjugués. Nous avions eu des champagnes brillants et voici maintenant trois vins qui n’ont pas le moindre défaut. Chacun a son charme. Le plus puissant est l’Hermitage 1955. Le Meursault Charmes 1928 est très bien structuré, et la grâce du Chassagne-Montrachet 1926 est tellement étonnante qu’il constitue la plus grande surprise de ces trois vins.

Les coquilles Saint-Jacques vont donner une autre approche des vins blancs, car leur chair est très gourmande. C’est l’Hermitage 1955 qui en profite le plus, se mariant particulièrement bien avec ce plat.

Nous passons maintenant aux vins rouges et je sers deux vins que tout sépare, mais qui vont parfaitement cohabiter. Il y a d’abord un Clos Fourtet 1926, apporté par un ami qui est très ému de boire avec nous un vin centenaire, et un Échézeaux Domaine de la Romanée-Conti 1954, qui offre le parfum le plus percutant de tous les vins que nous avons sentis jusqu’à présent.

Ma femme a préparé une pièce de veau cuite à basse température. Le Clos Fourtet 1926 est d’une richesse incroyable. On se demande comment il est possible qu’un vin centenaire puisse avoir une telle puissance. C’est assez irréel.

Quant à l’Échézeaux 1954, il a une telle présence et une telle personnalité que l’on pourrait difficilement imaginer qu’il s’agit d’un Échézeaux. On pourrait penser à un vin d’une plus haute qualification dans la hiérarchies des vins du Domaine de la Romanée-Conti. Nous pouvons boire les deux vins sans aucun problème, alors qu’ils viennent de régions différentes et ont des personnalités très distinctes. Le parfum de l’Échézeaux est tout à fait extraordinaire. Ce vin plaira tellement à mes amis qu’il sera classé premier lors du vote à la fin du repas.

La deuxième série de vins rouges comporte un Chambertin Faiveley 1929 et un Sénéclauze, vin d’Oran, Algérie 1953. Sur une assiette cohabitent du bœuf Angus et du Wagyu. Nous pouvons ainsi passer de l’un à l’autre pour voir comment se font les accords.

La bouteille de Chambertin Faiveley 1929 avait un niveau très haut et une étiquette qui pourrait paraître récente. Mais lorsque j’ai retiré le bouchon, il était clair qu’il est d’origine. Ce vin est assez éblouissant, montrant là aussi une jeunesse que personne n’imaginerait possible.

Le Sénéclauze 1953 a une puissance invraisemblable et une richesse extrême. J’en parle avec l’un de mes amis, qui est un amoureux des vins d’Algérie. On peut penser que ce Sénéclauze est supérieur aux vins de Frédéric Lung. J’ai une adoration profonde pour les vins de Frédéric Lung, mais la puissance, la sérénité et l’extrême énergie de ce vin de 1953 me font un effet fou, au point que je le mettrai premier dans mon vote, car j’aime être surpris par la réussite de tels vins.

Les accords sont parfaits. Évidemment, pour le Sénéclauze, c’est le Wagyu qui est le plus pertinent, alors que le Chambertin Faiveley s’accommode très bien du bœuf Angus.

À ce stade du repas, j’aurais volontiers arrêté le programme, car nous avons eu jusqu’à présent des vins absolument parfaits, dont aucun ne présentait le moindre aspect négatif. Mes amis me disent d’ailleurs : « Tu sais, si tu fais un compte rendu de ce dîner et si tu dis qu’ils ont tous été parfaits, personne ne te croira. » Eh bien, il faudra que j’accepte que personne ne me croie, puisque ce que nous venons de vivre est absolument hors du commun.

J’aurais volontiers arrêté là, mais j’avais prévu un Château d’Yquem 1976 et, bien évidemment, tout le monde me demande qu’il soit servi. Ma femme a fait une tarte Tatin qui crée avec cet Yquem un accord fusionnel phénoménal. L’Yquem 1976 a une couleur fortement ambrée, exactement comme les pommes de la tarte, et en bouche, on ne sait plus si l’on ‘boit’ de la tarte Tatin ou si l’on ‘mange’ de l’Yquem, tant les goûts se confondent. C’est vraiment un accord absolument parfait.

Normalement, nous devions continuer avec un Dom Pérignon 1990 et finir le Pommery 1934 de la veille, mais je déclare que c’est la fin du repas, car si abondance de biens ne nuit pas, tout a une limite.

Je fais voter mes amis, et les votes sont très intéressants. Sur 6 places possibles de premier, quatre sont pour les vins bourguignons, avec deux votes de premier pour l’Echézeaux et deux pour le Chambertin. Les deux autres places de premier sont pour le Chassagne Montrachet 1926 et le Sénéclauze Oran Algérie 1953.

Le vote de notre groupe de six votants est : 1 – Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1954, 2 – Sénéclauze Oran Algérie 1953, 3 – Chassagne Montrachet 1926, 4 – Chambertin Faiveley 1929, 5 – Clos Fourtet 1926, 6 – Hermitage La Tour Blanche Jaboulet Verchère 1955.

Mon vote est : 1 – Sénéclauze Oran Algérie 1953, 2 – Chassagne Montrachet 1926, 3 – Clos Fourtet 1926, 4 – Hermitage La Tour Blanche Jaboulet Verchère 1955, 5 – Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1954, 6 – Chambertin Faiveley 1929.

Chacun des convives m’a dit qu’il n’a jamais vécu de repas aussi incroyable où tous les vins sont absolument parfaits. Ce qui m’a subjugué, c’est la série des trois blancs aux couleurs irréelles et aux saveurs émouvantes. Je peux confirmer que c’est l’un des plus extraordinaires repas que nous avons vécus.

les repas du 14 août samedi, 15 août 2026

Depuis une vingtaine d’années, le 15 août est un événement sacré où nous recevons des amis amoureux du vin et de la gastronomie. Nous sommes le 14 août et nous recevons les premiers amis. Il est de tradition, lorsque les premiers arrivent, que j’ouvre un magnum de champagne Salon. Cette année, ce sera un Champagne Salon magnum 2002.

Je l’ouvre et le pschitt est extrêmement puissant, montrant la vivacité de ce champagne. Des amis ont apporté des vins et nous les ouvrons dans ce que j’appelle la sacristie, c’est-à-dire l’endroit où je stocke les vins prêts à être bus.

L’apéritif commence par de la poutargue qui accompagne le Champagne Salon 2002. L’effet de la poutargue est extrêmement intéressant puisqu’elle propulse le goût du champagne, qui est extrêmement puissant et trouve avec elle un accord parfait. Nous essayons ensuite des anchois posés sur de petits toasts de brioche au goût presque sucré. L’accord est très intéressant et le champagne réagit bien.

Nous avons ensuite des rillettes et leur douceur donne une autre image du champagne. Elles sont suivies par un jambon persillé qui est probablement le plus bel accord avec le Salon. Ce champagne nous étonne car il est d’une telle flexibilité qu’il se marie avec tous les mets que nous lui proposons à l’apéritif.

Arrive ensuite une tarte à l’oignon et je demande à mes amis que l’on arrête de boire le Salon 2002 afin que notre ami qui n’arrivera que demain matin pour le déjeuner du 15 août puisse lui aussi en profiter.

Un ami a apporté un Champagne Pommery 1934 que nous ouvrons. Le haut de la bouteille est très sale, mais c’est tout à fait naturel pour un champagne ancien. Il n’y a aucun pschitt, mais le bouchon est parfait et le goulot est lui aussi en très bon état. Le champagne est divin. C’est autre chose, on change de monde quand on passe des champagnes jeunes aux champagnes anciens. Celui-ci est rond, doux, affirmé, et l’accord avec la tarte à l’oignon est absolument divin.

Nous passons ensuite à table pour déguster de délicieux poulets. Et, comme l’un de nos amis est un amoureux des vins d’Algérie, il a apporté un vin que nous ne connaissons pas, qui s’appelle Chai du Bastion 1952, certainement fait par Frédéric Lung. J’ai pour ma part ouvert de ma cave un F. Lung vin rouge d’Algérie 1942.

Bien évidemment, une compétition s’installe entre les deux vins d’Algérie. Le Chai du Bastion 1952 est très rond, bien construit, d’une structure parfaite. Il est généreux. À l’inverse, le F. Lung 1942 est tout en longueur, tout en largeur et plein de charme. Les deux sont d’une richesse infinie, mais je préfère le F. Lung 1942, non pas parce que c’est mon vin, mais parce qu’il est d’une élégance tout à fait exceptionnelle. La comparaison de ces deux vins est totalement éblouissante.

Pour le Red Leicester, suivi de sucreries offertes par des amis, j’ouvre un Champagne Perrier-Jouët rosé 1969. Ce champagne est lui aussi très élégant, très adapté au dessert et particulièrement brillant.

Ce qui est intéressant dans cette expérience, c’est que tout est coordonné et que tout suit un ordre qui convient parfaitement. La progression des vins et des plats est idéale. Nous avons vécu un excellent repas qui permet de penser que celui du 15 août sera lui aussi très intéressant.

Je donne mon vote. En premier, à cause de son côté totalement étonnant, je mets le F. Lung 1942. En deuxième, le Champagne Salon 2002, qui est éblouissant. En troisième, le Champagne Pommery 1934, qui est légendaire. En quatrième, le Chai du Bastion 1952. Et en cinquième, le Champagne Perrier-Jouët rosé 1969.

Après le repas pantagruélique du déjeuner du 14 août, le repas du soir est programmé pour être beaucoup plus léger. Nous allons finir tous les mets de l’apéritif que nous avons eus, auxquels s’ajoutent quelques petits mets intéressants.

J’ai ouvert un Champagne Initial de Selosse, dégorgé en septembre 2011. Très curieusement, le vin est très court et n’a pas la vibration que l’on pourrait attendre. Je pense que le vin n’a ni l’énergie ni le niveau que l’on aimerait.

Un de mes amis a apporté un vin assez curieux. C’est un Champagne Taittinger Collection Arman brut 1981, dont la bouteille a été dessinée par l’artiste Arman. La bouteille est totalement opaque et fait partie des diverses versions des champagnes Taittinger Collection. Le vin est beaucoup plus intéressant, mais du fait de la fatigue de nos palais, du moins pour moi, il ne fait pas vraiment vibrer ma passion. Ce qui est assez amusant, c’est qu’il retrouve une belle énergie avec du camembert Jort.

J’ai ouvert ce matin Le Montrachet Delagrange-Bachelet Grand Cru 1979, qui avait un bouchon assez noir et qui paraît un peu fatigué. Mais après avoir goûté le camembert Jort, le vin retrouve une énergie assez plaisante.

Nous sommes tous fatigués en fin de repas et nous allons nous reposer car demain, c’est le grand repas du 15 août.

Salon 2015 mercredi, 12 août 2026

Pour ma fille aînée, j’ouvre un Champagne Salon 2015. J’ai un amour particulier pour le champagne Salon et j’ai été très frappé par la prestance du 2015 lorsque je l’ai bu à sa sortie sur le marché.

Celui-ci fait un pschitt extrêmement puissant. L’attaque du vin est puissante, tout en étant charmeuse, et la longueur est très grande.

Nous essayons ce champagne sur plusieurs éléments. D’abord, un caviar Baeri de Kaviari, avec une baguette et du beurre. L’accord est parfait. Avec des pommes de terre et du caviar, l’accord est aussi très grand, peut-être même meilleur.

Ensuite, nous prenons de la rillette et, là, l’accord n’est pas du tout intéressant, car le gras de la rillette fait paraître le champagne assez timide. En revanche, avec un très beau saucisson, nous trouvons un accord morganatique intéressant.

C’est surtout avec le Red Leicester que le champagne va être exceptionnel et, ce qui m’a surpris, encore meilleur que sur du camembert Jort, que j’adore associer avec les champagnes Salon.

Nous profitons pleinement de ce champagne qui est manifestement grandiose et qui aura un avenir glorieux.

Un Lanson Red Label dimanche, 9 août 2026

Pour un apéritif dinatoire, j’ouvre un Champagne Lanson Père & Fils Red Label 1971 dont la bouteille a la forme d’une quille. Cette forme a été utilisée pendant environ une quinzaine d’années et j’ai eu la chance que la maison Lanson m’ait invité pour une dégustation de ce champagne en magnum pour les années 1964, 1976, 1979, 1983, 1985, 1988, 1989, 1990, 1995, 1997 et 2002.

Mon classement de ces vins à l’époque a été : 1964, 1979, 1985, 1988, 2002, 1990. Ce classement confirmait mon amour pour les champagnes anciens et celui que nous buvons se situe entre les deux que j’ai préférés alors, en 2013.

Le champagne s’ouvre sans aucun pschitt. La bulle est quasiment inexistante. La couleur est ambrée. Le nez est très plaisant. La bouche est étonnante car elle est faite de douceur chaleureuse mais aussi de puissance. C’est un champagne fort. Il est très étonnant. Je le juge un peu plus vieux qu’il ne devrait. Ce qui est sans doute dû à des problèmes de température de stockage avant que je ne l’achète.

Sur les olives noires, le saucisson ou le Red Leicester, le champagne s’est bien comporté. Un bel apéritif avec ma fille aînée.

autres repas de vacances jeudi, 6 août 2026

Le lendemain de nouveaux petits-enfants arrivent et j’ouvre un Champagne Henriot Cuvée des Enchanteleurs 1996. Nous avions bu récemment le 1990 de ce champagne en magnum, d’une puissance et d’un équilibre rares. Ce 1996 est plus charmeur, élégant, montrant que cette cuvée est une réussite absolue.

Comme il nous reste de nombreux fromages à découvrir ou à terminer, j’ouvre un Château Brane-Cantenac 1978. L’histoire de ce vin est intéressante, du moins en ce qui concerne son acquisition. Il y a plus de trente ans, lors d’une vente aux enchères, je vois plusieurs caisses complètes de douze bouteilles de Château Brane-Cantenac 1978 proposées à des prix extrêmement bas. Je les achète sans hésiter. Lorsque je goûte ce vin pour la première fois, je suis stupéfait par sa qualité. J’ai constaté qu’il s’agissait de caisses vendues par le château à un importateur argentin. Les ventes ne s’étant vraisemblablement pas réalisées, les caisses étaient revenues en France avant d’être proposées aux enchères.

J’ai eu raison de saisir cette opportunité, car, à chaque ouverture, ce vin confirme sa grandeur. Cette bouteille de 1978 se montre riche, puissante et parfaitement équilibrée. C’est un vin de caractère, solide, conquérant, qui affirme avec éclat la noblesse de son origine. Nous l’avons particulièrement apprécié et, même si j’en gardais un excellent souvenir, je ne m’attendais pas à le retrouver à un niveau aussi convaincant.

Pour un apéritif, j’ouvre un Champagne Laurent-Perrier Grand Siècle, qui doit dater des années 2000 à 2010.

Il est naturellement encore jeune, mais il affiche déjà une élégance rare. Ce qui le caractérise avant tout, c’est sa noblesse délicate et sa grande fraîcheur, qui rendent sa dégustation particulièrement séduisante. Tout est harmonie, équilibre et distinction dans ce champagne.

Accompagné de poutargue, il se montre à la hauteur de nos attentes. L’accord est lumineux et met en valeur aussi bien la finesse du champagne que le caractère affirmé de la poutargue.

J’ouvre une bouteille de Côte-Rôtie La Mouline, E. Guigal 2005. Ce vin affiche un équilibre remarquable. Puissant sans jamais être démonstratif, il se montre en même temps accueillant et d’une grande générosité. Tout y est en place : la matière, la rondeur, la fraîcheur et une longueur en bouche qui prolonge le plaisir.

C’est un vin qui se boit particulièrement bien en période de grande chaleur. Malgré sa richesse, il reste très accessible et accompagne le repas avec une aisance remarquable. Une très belle réussite.

Le Champagne Léon Camuset est un blanc de blancs de Vertus. Par un hasard de l’histoire familiale, Léon Camuset était le cousin de membres de ma famille à la génération de mes arrière-grands-parents.

Lorsque j’étais enfant, chaque fois que mon grand-père ouvrait une bouteille de ce champagne, nous avions le droit de tremper nos lèvres dans un verre de ce champagne. Les blancs de blancs de Vertus ont ainsi été les premiers champagnes de ma vie et sont sans doute à l’origine de la passion que je leur porte encore aujourd’hui.

J’ouvre, pour l’une de mes petites-filles, une demi-bouteille de Champagne Léon Camuset, probablement des années 1980. Ce vin, sans prétention, est plein de charme. Bien sûr, lorsque l’on garde la mémoire d’un Champagne Henriot Cuvée des Enchanteleurs 1996, la comparaison ne peut se faire en termes de complexités. Mais ce Léon Camuset se boit avec beaucoup de simplicité et de plaisir, et il a offert un joli moment de partage avec ma petite-fille.

repas de vacances mardi, 4 août 2026

Mon fils vient nous rendre visite dans notre maison du Sud et, comme souvent lorsque quelqu’un qui nous est cher nous rejoint, j’ouvre une grande bouteille.

En l’occurrence, il s’agit d’un magnum de Champagne Salon 1997. Je révère particulièrement ce millésime chez Salon, car il est d’une réussite éclatante, alors que 1997 n’est généralement pas considéré comme une grande année pour les champagnes.

Le vin est noble, puissant et pénétrant. Il déploie une énergie extraordinaire et une complexité splendide qui ne cessent de s’épanouir dans le verre.

Nous l’avons accompagné d’un camembert Jort, créant un accord particulièrement brillant. La personnalité rustique et légèrement rugueuse du fromage dialogue avec la noblesse et la précision de ce champagne exceptionnel, donnant naissance à une harmonie aussi inhabituelle que fascinante.

Un ami d’enfance de mon fils nous rejoint dans notre maison du Sud. Nous descendons faire une petite visite de la cave que j’y ai installée et mon fils repère une très ancienne bouteille de Byrrh, à l’étiquette particulièrement charmante.

Nous remontons cette bouteille pour l’apéritif et tentons un mariage aussi original que réussi avec de la poutargue.

En examinant l’étiquette, je remarque une inscription manuscrite : « mars 1938 ». Elle correspond sans doute à un anniversaire. D’autres indices semblent montrer que ce Byrrh est antérieur à 1930. Le vin est d’une grande élégance. Il est doux, voire doucereux, mais conserve une belle puissance qui lui évite toute lourdeur. Son charme est évident et sa personnalité particulièrement séductrice. Nous avons pris beaucoup de plaisir à boire cet apéritif d’un autre temps.

Nous passons à table. J’ai ouvert un Clos de la Roche Domaine Armand Rousseau 2002. Le vin est très élégant. Il ne cherche pas la puissance ni une énergie démonstrative ; il séduit plutôt par sa douceur, son raffinement et son charme. On reconnaît immédiatement la signature du domaine Armand Rousseau, faite de précision et d’élégance. C’est un vin de belle longueur qui nous procure un réel plaisir sur une pièce de bœuf.

Nous poursuivons avec un Château d’Yquem 2004, apporté par l’ami de mon fils. Cet Yquem est très équilibré, presque archétypal dans son expression. Il gagnera certainement encore en complexité avec les années, mais il offre déjà un plaisir évident. Nous l’avons accompagné d’un fromage Red Leicester, avec lequel il a formé un accord absolument parfait.

un apéritif et un déjeuner samedi, 1 août 2026

A l’occasion d’un apéritif avec mille et une choses grignotées j’ai ouvert un Champagne Dom Pérignon 2015. Lorsqu’il a été proposé à la vente j’ai accueilli très agréablement ce beau champagne comme je l’ai fait aussi pour le Champagne Salon 2015, considérant que ces deux champagnes sont très prometteurs.

Ce soir, le Champagne Dom Pérignon 2015 ne me parle pas. Il est bon bien sûr, mais il n’est pas lumineux. Mes enfants l’acceptent plus volontiers, mais je reste déçu. C’est un champagne que je viens d’acheter. Aurait-il été stocké à des températures qui l’auraient affaibli, je ne sais pas. Il faudra que je vérifie avec une autre bouteille du même lot.

Nous allons au restaurant L’Aventure où, comme à l’habitude, nous commandons en entrée des moules et des tempuras de langoustines. Ma femme et ma fille choisissent une dorade royale, je prends un saint-pierre, tandis que mon fils opte pour une tranche de steak.

Le Champagne Krug Grande Cuvée à étiquette crème, d’une période située autour de 1985, s’ouvre très facilement, le bouchon étant d’une qualité remarquable. Le pschitt est franc, joyeux. La robe est légèrement ambrée et le champagne se montre immédiatement extrêmement noble et racé, porté par une énergie impressionnante. C’est véritablement un très grand champagne, qui allie distinction, profondeur et vitalité.

Mon fils a apporté une bouteille de Châteauneuf-du-Pape Domaine Henri Bonneau, cuvée Marie Beurrier 2017. Ce vin réussit la rare alliance d’une très grande élégance et d’une puissance impressionnante. Il est riche, dynamique, plein d’élan, mais la chaleur très forte de cette journée nous empêche d’en profiter autant que nous l’aurions fait avec une température plus supportable.

Nous terminons le repas par des desserts. Le service assuré par John et Angélique est, comme toujours, irréprochable, attentif et chaleureux.

Face à la mer, nous avons partagé un déjeuner joyeux, convivial et passionnant, porté par le plaisir d’être ensemble et par deux vins qui, chacun dans son registre, ont créé un grand moment familial.

des vins superbes même en été mardi, 28 juillet 2026

Des voisins qui ont la maison la plus belle de tout notre quartier invitent des voisins membres de l’association créée pour défendre la beauté de notre environnement. Je longe cette maison à chaque promenade mais c’est la première fois que je peux y pénétrer. Le jardin est d’une extrême beauté. Je ne serais pas étonné que l’on puisse compter de l’ordre de mille arbres tant le jardin est florissant.

J’ai apporté un Champagne Dom Pérignon 2006 qui est riche, ample et convaincant. Il me semble à une étape de sa vie où tout lui sourit. Les voisins sont charmants mais nous les quittons vite, mon fils et moi, car ce soir il y a un dîner.

Nous recevons des amies de ma femme. Pour l’apéritif, j’ai choisi un Champagne Henriot Cuvée des Enchanteleurs 1990 qui est absolument délicieux, généreux et plein de charme. J’ai toujours adoré ce champagne, en particulier les millésimes 1959 et 1964 qui, bien que dépourvus de l’étiquette « Enchanteleurs » à l’époque, avaient été présentés par Joseph Henriot avec l’appellation moderne.

Nous passons à table. Sur un poulet et des pommes de terre au four, le Vosne-Romanée Les Chaumes Méo-Camuzet 2000 m’a beaucoup surpris, car je ne m’attendais pas à une telle puissance et une telle complexité. Une très belle surprise et une belle élégance bourguignonne.

Le Vega Sicilia Unico 1995 allie charme et générosité. Il est tellement séduisant. La finale semble interminable. Un pur bonheur sur divers fromages dont un fromage anglais dont nous avons vainement cherché le nom.

Sur une tarte aux abricots du jardin, le reste d’une demi-bouteille de Château d’Yquem 2022 nous a permis d’affirmer qu’assurément 2022 est un immense Yquem.

Il est impossible d’établir un classement entre ces vins si différents. Tous “Performed Above My Expectation” (PAME).

Malgré la canicule, tous les vins ont été parfaits.

déjeuner au restaurant Lilou mercredi, 22 juillet 2026

Ma femme fait souvent des achats dans une boutique qu’elle aime bien, qui s’appelle La Banane d’Or, où l’on trouve des éléments de décoration et des vêtements de grande qualité. Juste à côté, il y a l’hôtel du Parc dans lequel se trouve le restaurant Lilou.

Nous avons rendez-vous en ce restaurant où nous sommes déjà venus plusieurs fois, où officie Hélène la sommelière et Paul-Emile, le chef, qui a déjà réalisé pour nous des agréables repas. Hélène a obtenu pour sa carte des vins une mention spéciale de la meilleure carte des vins de la région.

Ne suivant pas ma femme, et sa petite fille qui va bénéficier de ses achats, j’ai le temps de commander une bouteille de champagne.

J’ai choisi un Champagne Egly-Ouriet fait avec des vins essentiellement de 2019 de Pinot Noir et Chardonnay. Il a été dégorgé en 2024. Ce champagne se caractérise par son côté entraînant. C’est incroyable comme il ‘tire’ votre goût avec un charme certain pour allonger votre plaisir. En plus, il est très élégant et ce champagne va nous suivre pendant une bonne partie du repas, très agréable, très subtil et de vraiment très grande qualité.

J’ai ensuite étudié toute la carte des vins qui est très pertinente et aux prix très bas et j’ai choisi à cause de son âge, une Côte Rôtie Jamet 1991. Le vin très froid se réchauffe dans la cuisine qui jouxte la très jolie salle où nous allons déjeuner.

Les emplettes ont été fructueuses pour notre petite-fille. Ce qui est très agréable, c’est qu’aussi bien Hélène que le chef sont très attentifs à nos besoins et nous déjeunons dans une atmosphère qui est extrêmement sympathique et avec la recherche du plaisir pur.

Les anchois de belle qualité accompagnent le champagne qui arrive à s’adapter au goût très fort. Ce champagne est enthousiasmant et ma fille l’adore pour son élégance et sa délicatesse.

Le turbot est parfaitement cuit et convient élégamment à la Côte Rôtie Jamet 1991. Cette Côte Rôtie n’a pas la puissance des trois Côtes Rôties de Guigal, mais sur cet excellent millésime pour ces vins du Rhône, le Jamet montre un charme et une élégance remarquables.

Lorsque j’attendais mes convives, j’ai longuement bavardé avec Hélène qui m’a dit : « je sais que votre femme ne boit qu’Yquem, aussi j’ai décidé d’en avoir deux en cave ». C’était dit si gentiment que j’ai commandé une demi-bouteille de Château d’Yquem 2022. Je l’avais déjà goûté au restaurant Le Petit Sommelier lorsque Pierre Lurton le présentait à la presse et à des amis. Je l’avais adoré et il m’était apparu aussi prometteur que le 2001.

Le parfum de cet Yquem est incroyable de complexité et de séduction. Ce vin est un miracle. Il deviendra l’un des plus grands qui soient. Ayant eu la chance de goûter le 2023 avec Lorenzo Pasquini le directeur général d’Yquem, j’ai été aussi touché par ce 2023 mais j’ai un faible pour le 2022 – et celui-ci le prouve – alors que Lorenzo a une préférence pour 2023. Qu’importe. Ce sont deux vins immenses qui le seront à tous les stades de leur vie.

Ce repas fut enjoué avec des attentions particulières du chef et le sourire radieux d’Héléne. On y reviendra !

Rules for the 45th Session of the Académie des Vins Anciens vendredi, 17 juillet 2026

Rules for the 45th Session of the Académie des Vins Anciens

Thursday, November 19, 2026

This session is open to lovers of old wines, whether or not they bring a bottle. As the number of seats is limited, registrations will be confirmed in the order in which requests are received.

1 – Participants without a wine

The participation fee is €300 per person, payable before September 26, 2026.

Please confirm by email to lechantduvin@gmail.com or nala8@msn.com that your payment has been made. Your registration will be confirmed upon receipt of your payment.

2 – Participants bringing wine

Participants wishing to bring a wine must:

  • Propose an old wine and provide all relevant information about it, including the fill level of the bottle.
  • Send clear photographs of the bottle. Each image must not exceed 500 KB, must be attached to the email (not embedded in the message), and must be clearly legible.
  • Obtain my approval before sending the proposed bottle(s).
  • Comply with the following minimum age requirements:
    • Champagnes: vintage 1996 or older
    • White wines: vintage 1990 or older
    • Red wines and sweet wines: vintage 1971 or older

Delivery instructions are provided below.

Bottles must be delivered between October 20 and November 16, 2026.

Registrations are confirmed in the order requests are received.

The participation fee is €190 per person, payable before September 26, 2026.

3 – Venue

Restaurant Macéo
15 rue des Petits Champs
75001 Paris, France

The event will take place in a private room on the first floor.

https://www.maceorestaurant.com/

Arrival: 7:00 p.m.
End of the evening: Midnight

4 – Payment

Bank transfer to:

FRANCOIS AUDOUZE AVA

IBAN: FR7630003030000005024474342

5 – Wine delivery

By post:

François Audouze
ACIPAR
44 rue Andrei Sakharov
93140 Bondy
France

Or by hand to:

Cave Effervinsens
65 rue de Reuilly
75012 Paris

Please place your bottle in a small closed carton or a sealed bottle bag clearly marked:

« Académie des Vins Anciens – November 19, 2026 »

and write your first and last name on the carton or bag.

Opening hours

  • Tuesday: 10:00 a.m.–1:30 p.m. / 4:00–8:00 p.m.
  • Wednesday: 10:00 a.m.–1:30 p.m. / 4:00–8:00 p.m.
  • Thursday: 10:00 a.m.–1:30 p.m. / 4:00–8:00 p.m.
  • Friday: 10:00 a.m.–1:30 p.m. / 3:30–8:00 p.m.
  • Saturday: 10:00 a.m.–1:30 p.m. / 2:30–8:00 p.m.
  • Sunday: 10:00 a.m.–1:00 p.m.
  • Monday: Closed

Please respect all deadlines. They are essential.