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(ouverture de Mouton 1918 dont l’étiquette Carlu est en tête de ce blog. A gauche, on reconnait Mouton 1945)

 

 

 

 

 

 

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Constantia 1789 et autres folies jeudi, 19 mars 2026

L’ami avec lequel j’avais bu le vin de la plus vieille bouteille que j’aie eue entre les mains, de 1690 environ, m’a appris qu’il avait acquis une bouteille de Constantia sur laquelle est collé un papier faisant état d’un don de cette Constantia, avec une date commençant par 17 et des chiffres difficiles à lire qui pourraient rendre possible la date de 1789, car 1729 semble peu probable.

Comme pour une autre bouteille très ancienne dégustée ensemble, nous décidons de boire cette bouteille d’une rare beauté dans ma cave. J’ai déjà réfléchi aux vins que j’ajouterais. Joël arrive et déballe ses apports. Il y a en plus et non annoncés un vin allemand de 1921 et un Tokaji de 1915 dont le graphisme de l’étiquette est strictement le même que celui de la bouteille que j’avais ouverte pour le réveillon de fin d’année il y a trois mois, et de la même année. La mienne était présentée dans une structure en bois très sophistiquée. Celle-ci est recouverte d’une cire rose.

Joël a apporté trois vins au lieu d’un aussi au-delà du champagne Salon 1997 que j’ai prévu j’ajoute le vin australien de 1883 que j’avais bu récemment et je propose d’ajouter un Constantia des années 1850 / 1860 mais Joël préfèrerait goûter un vin de Chypre car il n’en a jamais bu. Je choisis donc un vin de Chypre 1869.

J’aligne les bouteilles pour déterminer un ordre logique et sans que je l’aie voulu, c’est l’ordre des âges des vins, du plus jeune au plus vieux.

J’ouvre les bouteilles et le vin le plus dur à ouvrir est la Constantia 1789 car il y a une énorme boursoufflure dans le goulot qui empêche le bouchon de remonter et qui le déchire en plusieurs morceaux. Nous sentons les vins quand ils sont ouverts et nous allons de surprise en surprise tant les parfums sont riches et complexes et d’une incroyable variété.

Le menu – si l’on peut dire, tant il est simple – est : rillettes / pâté de tête / comté / tarte aux pommes / madeleines et gâteaux.

Le Champagne Salon 1997 est d’une grande énergie, fort, puissant et d’une intensité riche. C’est un très grand champagne que j’adore. C’est la première que Joël en boit et il apprécie.

Le Dürtheimer Fronhof Gebrüder Bart – Bart Dürkheim Trokenbeerenauslese 1921 est un vin très puissant mais qui montre aussi une grande légèreté. Il est long et frais.

A partir de ce vin nous allons vivre un crescendo incroyable et émouvant car chaque vin suivant est plus grand que les précédents. Et c’est magique.

Le Tokaji Esszencia Hereskedôhaz RT. Satoreljaujhely Hungary 1915 est plus lourd et plus dense avec une belle longueur. C’est un Tokaji paradoxalement plus léger et harmonieux que les Escenzia plus jeunes qui ne correspondent pas à la même définition des puttonyos.

Le Para Seppeltsfield Australie 1883 est de loin le plus lourd de tous ces vins, massif comme du plomb, car il a vécu cent ans en fût et s’est donc concentré. Mais il est d’une fraîcheur qui le rend aimable. Nous finissons cette bouteille de 10 cl. que j’avais goûtée avec un australien que j’avais invité car grâce à ce 1883 la liste des millésimes que j’ai bus s’agrandissait, de 1882 à 2024, formant une série de 143 millésimes consécutifs.

Le Vin de Chypre 1869 a un parfum puissant et tellement complexe. C’est incroyable. Le vin est riche et séduisant. Faisant suite à trois vins liquoreux, il se montre le plus grand Chypre 1869 que j’aie bu, éclairé comme un soleil.

Le Constantia Afrique du Sud 1789 est phénoménal. Son parfum est le plus complexe, énigmatique, sans parfum comparable. En bouche c’est une merveille de complexité et le décrire serait impossible tant il dépasse tout ce qu’on pourrait imaginer. Toute suggestion de goût serait une restriction alors que l’éventail des goûts est infini.

Plusieurs choses m’émeuvent énormément. D’abord la générosité de mon ami Joël. Ensuite d’avoir créé un programme de vins de façon impromptue car je ne connaissais pas tous ses apports. Le crescendo de saveurs qui n’arrêtaient pas de progresser comme lorsque l’on atteint le point culminant d’un feu d’artifice. Et enfin ce Constantia dont on peut penser que Napoléon aurait bu le même et dont le goût est stratosphérique.

Joël et moi nous étions assommés par autant de bonheur. C’est un des repas les plus émouvants de ma vie.

les domaines familiaux de Bourgogne lundi, 16 mars 2026

L’association des domaines familiaux de Bourgogne regroupe les maisons suivantes : Marquis d’Angerville – Michel Gaunoux – Méo-Camuzet – Georges Roumier – Simon Bize – Henri Gouges – de Montille – Armand Rousseau – Chandon de Briailles – Jean Grivot – Alex Moreau – Comte Senard – Bruno Clair – Château de la Tour – Pierre Morey – A.&P. de Villaine – Joseph Drouhin – Michel Lafarge – Mugneret-Gibourg – Tollot-Beaut – Dujac – Comtes Lafon – Frédéric Mugnier – Trapet Père & Fils – Faiveley – Leflaive – François Raveneau.

Ces vignerons présentent à une foule d’amateurs et de professionnels leurs vins de 2023. Il y a plus de trois ans que je n’étais pas venu à cette magnifique présentation de la gloire de la Bourgogne. Pour plusieurs maisons, les personnes qui servent les vins me sont inconnues car elles sont jeunes mais j’ai quand même eu la chance de voir avec plaisir les vignerons que je connais et qui me connaissent, des maisons : Marquis d’Angerville – Méo-Camuzet – Armand Rousseau – Joseph Drouhin – Michel Lafarge – Frédéric Mugnier – Trapet Père & Fils – Faiveley. C’est un bonheur de bavarder avec eux.

2023 est un grand millésime, d’une production très généreuse. Aujourd’hui, tous les vignerons travaillent à merveille. Les vins sont excellents et procurent un plaisir immédiat. Ils sont d’une grande générosité. Je les ai tous adorés. Un vigneron m’a confié son émerveillement face à la capacité des vignes à s’adapter aux variations de température et à l’évolution du climat.

Quand ces vins atteindront-ils la perfection ? Probablement pas de sitôt. Je dirais dans une trentaine d’années. Mais ils sont déjà tous charmants et les différences entre les propriétés s’estompent peu à peu, tant leur charme est déjà présent et tant la qualité de leur travail est proche de la perfection. Longue vie à une succession de beaux millésimes comme 2022 et 2023.

deux vins sublimes dimanche, 15 mars 2026

Une de mes filles vient avec une de ses filles déjeuner à la maison. Elle a apporté toutes les victuailles puisque ma femme est dans notre maison du sud. Mon apport sera un caviar Baeri.

J’ai ouvert vers 10h le Château l’Eglise Clinet 1961. Le bouchon est d’un liège d’une qualité exceptionnelle. C’est probablement un des plus beaux bouchons que j’aie eu l’occasion d’ouvrir. Le bouchon ne colle pas au goulot et vient avec une grande facilité. Je constate une fois de plus qu’un bouchon qui n’est pas serré dans le goulot n’empêche pas le niveau du vin dans la bouteille d’être parfait alors que parfois un bouchon fort serré n’a pas empêché l’évaporation d’une partie du vin. Ce paradoxe m’intrigue sans qu’une explication n’apparaisse.

J’ouvre ensuite le Champagne Dom Pérignon 1993 dont la coiffe est affreusement difficile à enlever tellement elle s’effrite. Le champagne fait un pschitt qu’il est toujours agréable d’entendre.

Pour l’apéritif nous avons des chips de sarrasin, du saucisson, qui voisinent bien avec le Champagne Dom Pérignon 1993 qui n’est qu’une explosion de joie. Ce champagne est du plaisir pur, joyeux, souriant et incroyablement aimable. Un bonheur que ma fille et ma petite-fille partagent avec le sourire.

Le caviar Baeri est mangé avec du pain et du beurre. Intense et expressif il crée avec le Dom Pérignon un accord divin. Quel bonheur ce mariage caviar et champagne.

Le pâté en croûte de la maison Vérot accompagne le Château l’Eglise Clinet 1961. Le nez du vin est d’une richesse et d’une noblesse rare. En bouche, ce vin truffé est profond, tranchant et incisif. Le vin est extraordinaire. Si j’exclus de la comparaison le Pétrus 1961, je pense que cet Eglise Clinet est supérieur à beaucoup de millésimes de Pétrus. Il est tellement noble et précis que je le considère comme le Pomerol pur dans sa plus belle expression. Ce vin est une réussite absolue.

Il faudrait qu’Archimède m’explique comment un Paris-Brest fait grossir d’un poids supérieur à ce qu’on en a mangé. On parle plus que jamais dans le monde de la mécanique quantique. Avons-nous mangé un Paris-Brest quantique. Je ne l’exclus pas.

Visite chez un vigneron et déjeuner aux Crayères mercredi, 11 mars 2026

Je me rends à Mesnil-sur-Oger à l’invitation de Julien Launois dans sa maison de champagne Paul Launois. Je suis reçu par Julien et son épouse Sarah. Julien était venu à l’un de mes dîners et nous avions pu boire l’un de ses vins, très intéressant.

Sont aussi présents trois personnes de la société de champagne Matrone dont le siège social est au Pays-Bas. J’avais rencontré l’un d’entre eux, Maurice, à la présentation du livre 1855 traitant de la classification des grands crus de Bordeaux et nous nous étions revus à l’un de mes dîners.

La visite des installations est très intéressante car Julien a lancé avec Matrone un concept de « Single Barrel». Un amateur de vin peut acheter une barrique de vins dont la contenance est de l’ordre de 230 bouteilles. Il va suivre l’évolution du champagne et désigner lui-même le dégorgement et le dosage de ses bouteilles pendant un temps qu’il choisit, étalé sur dix ans, s’il le souhaite. Le client participe donc à l’évolution de son champagne selon son goût et les propriétaires de ces barriques se réunissent de temps à autre. J’ai pu voir les stocks tenus pour les clients des Single Barrel. Ils sont très joliment gardés

Nous allons ensuite dans la salle de dégustation à la décoration que j’apprécie beaucoup, œuvre de Sarah Launois.

Le Champagne Paul Launois monochrome # 7 vendange 2021 est un blanc de blanc de Mesnil sur Oger avec quelques vins de réserve. J’aime beaucoup son parfum et son attaque gourmande.

Le Champagne Paul Launois illustration # 5 est aussi un vin de vendange 2021 avec un peu plus de vins de réserve. Son nez est moins flatteur, mais le vin est plus fluide et plus long.

Nous goutons ensuite le Champagne Paul Launois Single Barrel 2020. L’attaque est superbe et le finale est floral. C’est un champagne très intéressant, hors norme et élégant.

Le Champagne Paul Launois Single Barrel 2018 est plus fermé que le 2020. Il est un peu rude. On le sent très puissant mais c’est un champagne qu’il faudra attendre. Il deviendra grand.

Nous nous nous rendons au restaurant de l’hôtel Les Crayères. Le personnel a changé depuis que je suis venu en ce lieu que je pratique depuis environ cinquante ans.

Nous prenons l’apéritif dans un bel alcôve dans le bar. Julien est en charge du choix des vins. Ce sera un Champagne Philipponnat Clos des Goisses 1991. Le choix était possible entre 1991 et 1992. Le sommelier du restaurant et moi-même sommes d’accord sur le fait que le 1991 de Clos des Goisses est une vraie réussite pour un millésime peu recherché. Et cela se confirmera car ce champagne est grand et l’âge lui donne une rondeur et une cohérence qu’aucun vin jeune ne pourrait avoir.

Nous passons à table et nous avons une jolie table rendue encore plus joyeuse, tant l’accueil est chaleureux. Nous choisissons le menu qui n’est pas le grand menu. Quand on constate à quel point nous avons été gâtés, on peut se demander si nous aurions survécu au grand menu. Car nous avons été emportés dans un parcours sans fin. Tout est élégant et les saveurs sont très originales car elles ne sont jamais directes, jamais premier degré. C’est du second degré permanent. J’ai eu la chance de profiter de la cuisine de Christophe Moret dans les maisons où il a été cuisinier. Je n’ai pas noté le menu, hélas, car ce fut un grand repas.

Le Champagne Jacquesson Dizy – Corne Bautray 2004 est d’un chardonnay non dosé. Le champagne est élégant mais assez conventionnel.

Le Champagne Single Barrel Paul Launois n° 1701 fait de 2017 et dégorgé en 2021 est un champagne racé et subtil, complexe et raffiné. J’ai apporté avec moi un Vin Jaune Côtes du Jura Domaine Grand Frères 1989 de cépage savagnin qui comme tous les vins jaunes a passé 6 ans et trois mois en fût. J’avais annoncé que j’ai l’habitude d’associer champagne et vin jaune pour qu’ils se fécondent. On commence à boire le champagne puis le vin jaune et ensuite on boit le vin jaune puis le champagne. Julien Launois est très favorablement étonné de l’effet du vin jaune qui fait se sublimer son champagne. L’effet est saisissant.

La suite du repas se fait avec un Champagne Taittinger Collection 1988. La bouteille est joliment colorée et totalement opaque. Ce champagne d’une grande année est très élégant et plein de charme, d’une grande maturité.

J’ai été très honoré d’être invité par Julien Launois, vigneron passionné et passionnant, et par les responsables de la maison Matrone qui veulent ajouter aux champagnes qu’ils commercialisent une touche de luxe qui s’ajoute à leur recherche de l’excellence. Longue vie au champagne « Single Barrel », un concept très original.

Bulletins du 1er semestre 2026, du n° 1079 à … dimanche, 8 mars 2026

Bulletins du 1er semestre 2026, du numéro 1079 à …

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(bulletin WD N° 1084 WD 260310)    Le bulletin 1084 raconte : déjeuner au restaurant de l’hôtel Bristol, dîner au restaurant italien Portosole à Coral Gables, dîner dans une boutique à vins de Miami avec des amateurs américains, déjeuner chez une amie américaine, la plus fidèle de mes dîners.

(bulletin WD N° 1083 260302)    Le bulletin 1083 raconte : déjeuner au Yacht Club de France, déjeuner au restaurant Pages, repas de Noël et réveillon de la Saint-Sylvestre à notre domicile de la région parisienne.

(bulletin WD N° 1082 260217)    Le bulletin 1082 raconte : dégustation de tous les vins de 2022 du domaine de la Romanée Conti avec Perrine Fenal co-gérante du domaine, dans ma cave déjeuner avec le vigneron Dirk Niepoort et son épouse et déjeuner avec Rino Fontana, grand amateur italien de vins anciens, au restaurant Pages.

(bulletin WD N° 1081 260204)    Le bulletin 1081 raconte : le 305ème dîner très cosmopolite de wine-dinners au restaurant Astrance et dîner avec  mon fils et des bouteilles « à risque ».

(bulletin WD N° 1080 260127)    Le bulletin 1080 raconte : la généreuse 43ème séance de l’Académie des Vins Anciens, un repas de famille et un déjeuner au restaurant le Petit Sommelier avec des amis que je n’avais pas revus depuis plus de soixante ans.

(bulletin WD N° 1079 260110)    Le bulletin 1079 raconte : présentation d’un livre « 1855 Culte et Cultures » au siège parisien de Christie’s, dîner au Grand Véfour pour célébrer la parution de ce livre, déjeuner aux vins impromptus au restaurant Pages et présentation des vins incroyables de la 43ème Académie des vins anciens.

court séjour dans le sud samedi, 7 mars 2026

Nous descendons dans notre maison du sud. Une de nos petites-filles nous rejoint avec son compagnon. J’ouvre un Champagne Dom Pérignon 1980 pour les accueillir. C’est un champagne très agréable, doux, facile à boire et plein de joie. Le bouchon est très petit, serré, ce qui explique sans doute l’absence de bulles. J’adore ce genre de champagnes, simples mais souriants et si généreux.

Nous allons déjeuner au restaurant l’Aventure, installé directement sur la plage. Les tempêtes de l’hiver ont chahuté le sable, et l’ont recouvert de grosses pierres qui ont roulé et de détritus nombreux. Tout cela sera dégagé pour les beaux jours. Du fait du froid, le restaurant est emballé dans de grandes tentures transparentes qui permettent de voir la mer. J’ai apporté une Côte Rôtie La Turque Guigal 2002.

Cela faisait longtemps que je n’avais pas bu de Côte-Rôtie La Turque 2002. Ce vin est fantastique. Tellement fruité ! Extrêmement puissant et charmant à la fois, il dégage une énergie incroyable. Un pur délice. Ayant la mémoire de récents Vega Sicilia Unico je mesure à quel point ces deux domaines font des vins très différents. Le vin espagnol est d’une perfection des structure impressionnante alors que le vin du Rhône est d’un charme extrême par son côté juteux et gourmand. Deux vins splendides.

déjeuner au restaurant Geoélia mercredi, 25 février 2026

Un ami, le plus fidèle de mes repas, me propose d’aller déjeuner dans un restaurant qui pourrait accueillir l’un de mes repas. Nous allons donc déjeuner au restaurant Geoélia à Paris.

Le lieu est plaisant, élégant et accueillant et toute l’équipe est souriante et attentive.

Le menu composé par le chef Camille Saint M’leux pour nous est : caviar osciètre et baeri, transparence de riz, crème légèrement fumée / céleri d’Île de France, cuit en brioche, étouffé de truffe noire / Langoustine pochée, soupe de lendemain / oursin givré, brioche, beurre noir / rouget sur l’écaille, jus d’arêtes, sauce XO / chevreuil, radiccio, anchois, sauce poivrade / bœuf jersiais au charbon, lard de seiche, œufs de hareng fumés / citron iodé, confit et givré, huitre, herbes.

Nous avons bavardé avec l’excellent sommelier qui nous a proposé un champagne qui n’est pas sur la carte. Le Champagne Veuve Clicquot Ponsardin rosé 1985 est très impressionnant. Il est viril, puissant et riche et a des qualités plus proches de celles d’un champagne blanc que de celles d’un champagne rosé. C’est un très grand champagne.

J’ai apporté La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1992 pour remercier mon ami de sa fidélité. Je suis fasciné de constater combien la Romanée Conti réussit ses vins dans les années dites moyennes et j’avouerai que j’aime ces vins là, car une puissance moins marquée met en valeur les subtilités de ces grands vins. Cette Tâche est brillante et marquante. Sur la judicieuse cuisine de ce jeune et grand chef, La Tâche est passionnante.

Le Château Coutet Barsac 1978, très plaisant barsac, a accompagné pertinemment le délicieux dessert.

La cuisine du chef est élégante, précise et originale. La langoustine et le rouget sont de pures merveilles. Ce sera très intéressant d’orienter cette cuisine vers les saveurs de grands vins anciens pour créer des accords originaux.

déjeuner à l’Astrance mardi, 24 février 2026

Lors d’un déjeuner au restaurant Astrance pour préparer avec des amis le programme d’un futur dîner, nous commençons de boire un champagne suggéré par le sommelier, un Champagne Christophe Mignon ADN de Meunier Brut Nature vendanges 2020 + 2021 dégorgé en juillet 2024. Ce champagne est très plaisant, subtil et fort agréable à boire.

Mais lorsque nous buvons le Champagne Pierre Péters Les Chétillons 2008 nous franchissons une étape gustative, car ce champagne du Mesnil-sur-Oger, la Mecque du blanc de blancs, a une palette aromatique tellement plus large. Il est généreux, ample, de grand bonheur.

J’ai apporté un Vega Sicilia Unico 1979 qui est étonnant. Alors qu’il a 46 ans, il est d’une jeunesse folle que jamais on ne soupçonnerait. C’est un vin riche et joyeux, lui aussi d’une grande joie de vivre.

La cuisine de Pascal Barbot est toujours d’une grande élégance, fondée sur des produits de haute qualité.

déjeuner à l’hôtel Meurice vendredi, 20 février 2026

Alors que je connaissais l’hôtel Meurice depuis de longues années, c’est lorsque Yannick Alléno est devenu chef au restaurant de l’hôtel Meurice que j’ai fait des dîners en cet endroit. Ces dîners se sont arrêtés lorsque Yannick Alléno est devenu chef au Pavillon Ledoyen car je l’ai suivi en ce lieu où j’avais fait de nombreux dîners avec Christian Le Squer.

Lors de la réunion de Primum Familiae Vini qui a eu lieu au Grand Palais, j’ai eu le plaisir de rencontrer Pascal Billard Directeur de l’hôtel Meurice et nous avons discuté de l’idée de faire certains de mes dîners en ce lieu chargé d’histoire. Un rendez-vous à déjeuner est pris.

La gestion de la circulation des voitures sur la rue de Rivoli est probablement la plus ridicule de toutes les capitales du monde. Lorsque je me présente à la réception une jeune femme me dit : bonjour Mr. Audouze. Je lui demande comment elle me connaît. Elle me dit qu’ayant vu que je déjeunais avec son directeur, elle a voulu savoir de qui il s’agissait. Cette attention m’a plu.

Je descends dans ce qu’on appelle la salle à manger de la direction. C’est une pièce noire avec un éclairage étonnant et une belle table ovale pour une dizaine de personnes. Je suis accueilli par Olivier Bikao, directeur du restaurant Le Meurice Alain Ducasse, par Amaury Bouhours le chef exécutif qui a travaillé au Louis XV et au Plaza Athénée et a deux étoiles au Meurice et par Gabriel Veiddaire directeur de la sommellerie, que j’ai connu au restaurant Guy Savoy.

J’ai apporté deux vins pour ce repas, notamment pour les faire goûter au sommelier et à son équipe, afin qu’ils voient des exemples des vins que je mets dans mes dîners. Bien évidemment j’ai choisi des vins qui ne sont pas ceux que tout le monde connaît. Je les ouvre devant le sommelier et le directeur du restaurant. Malgré des déchirures des deux bouchons, aucun morceau de bouchon ne tombe dans le vin.

Le repas qui va se dérouler est d’un niveau assez impressionnant. Je ressens la patte d’Alain Ducasse et une intelligence certaine. Ce qui m’impressionne, ce sont les textures et les mâches. Nous aurons : chou rave – géranium / endive – truffe noirs / crevette – pomelos / bulot, menthe, cactus / tartelette, œuf confit, caviar, raifort / huître ‘la Laurène’, kiwi, gin tonic / petit pâté chaud de perdreau et foie gras, salade amère / homard bleu croustillant, navet, mole végétal, combava / chevreuil rôti, seiche, oseille, caviar Kristal / gousse de vanille de Madagascar.

C’est manifestement élégant, réfléchi et remarquablement exécuté. Les clients du Meurice, comme ceux du Plaza Athénée ou du Louis XV de Monaco veulent ce type de cuisine bien construite.

Le Pouilly Fuissé De Moucheron & Cie 1957 est d’une jolie couleur d’un bel or et d’un parfum assez riche mais peu puissant. En bouche ce vin bien équilibré est près plaisant. Ce n’est pas un vin puissant mais il a suffisamment de subtilité pour être aimé.

Le Volnay Santenots Hospices de Beaune Drouhin Cave de la Maison Poulet Père & Fils 1957 est lui aussi un vin qui ne joue pas sur la puissance mais sur une belle subtilité. C’est un élégant compagnon de cette belle cuisine.

L’accueil que j’ai reçu dans ce lieu est sympathique et attentif. Je serai très heureux de faire de grands repas car c’est un lieu privilégié. Je ne peux que remercier mes hôtes de ce grand moment avec des personnes attentives, qui représentent la qualité de la cuisine et de l’art de vivre à la française. Bravo et merci à partager avec vos équipes.

308ème repas au restaurant Pages jeudi, 19 février 2026

Un ami fidèle de mes dîners me demande d’organiser un déjeuner pour cinq personnes selon le principe de mes repas. Ce sera le 308ème repas de wine-dinners. J’arrive au restaurant Pages pour ouvrir les vins du repas, auxquels j’ai ajouté les deux vins ouverts la veille, un Krug Grande Cuvée étiquette couleur bordeaux et un Echézeaux du domaine de la Romanée Conti 1961.

L’ouverture des vins est sans histoire. Les convives sont un ami fidèle et son épouse que je ne connaissais pas et un couple de leurs amis que je ne connais pas non plus. La conception du menu est faite avec mon ami et le chef Ken ainsi que Pierre-Alexandre, directeur de Pages. Ce sera : carpaccio de sériole / poisson maigre à la sauce au vin rouge / veau et carottes blanchies / wagyu / tarte Tatin.

Le Champagne Salon 1999 avait eu un pschitt fort sympathique à l’ouverture par Pierre-Alexandre. Il est brillantissime, vif, fringant et dynamique. A côté de lui je suis content d’avoir ouvert le Champagne Krug Grande Cuvée étiquette bordeaux, car nous pouvons comparer deux styles très différents et très complémentaires. Le Salon est un guerrier, le Krug est un aimable compagnon, accueillant, raffiné et rassurant. C’est le Salon qui est le plus vibrant avec le poisson cru.

Le Château Mission Haut-Brion 1948 avait un niveau à mi épaule, et une belle couleur. Le parfum à l’ouverture m’avait rassuré sur sa qualité. L’accord avec le poisson est pertinent. Le vin est solide, serein, équilibré, très dogmatique. Il est rassurant, profond et long. Un vin noble et de plaisir.

Nous allons boire maintenant deux vins de la Romanée Conti. En premier, le Grands Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1988 au niveau parfait, au bouchon parfait et au parfum révélant déjà la complexité du vin. Sur le délicieux veau, le vin délivre un festival de saveurs raffinées. Le vin est riche mais surtout élégant, à la magnifique rémanence en bouche.

A côté de lui, l’Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1961 est plus lourd, plus charpenté mais j’adore sa richesse. Et il va briller sur le wagyu, révélant une force et une cohérence qui sont exceptionnelles. Le fait que ce vin si blessé soit nommé premier par un des convives grâce au wagyu est quelque chose qui me ravit : même le plus blessé des vins peut trouver un moment de grâce pure.

Pierre-Alexandre était allé avec Victor le pâtissier acheter des pommes pour préparer la tarte Tatin que j’avais suggérée. Quel restaurant ferait cela aussi spontanément ? La tarte Tatin est très bonne mais un peu trop sucrée. Le Château d’Yquem 1988 était mon préféré de la trilogie 1988, 1989, 1990. C’est l’Yquem que j’ai bu le plus des 107 millésimes d’Yquem que j’ai bu. Il est solide, parfait, cohérent, rond et de grand plaisir. Un Yquem qui marquera l’histoire.

Nous ne sommes que cinq avec six vins mais nous allons voter. Le Grands Echézeaux 1988 a trois votes de premier, la Mission 1948 et l’Echézeaux ont chacun un vote de premier.

Le vote de l’ensemble de la table est : 1 – Grands Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1988, 2 – Château d’Yquem 1988, 3 – Champagne Salon 1999, 4 – Château Mission Haut-Brion 1948.

Mon vote est : 1 – Grands Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1988, 2 – Champagne Salon 1999, 3 – Château d’Yquem 1988, 4 – Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1961.

L’ambiance fut extrêmement sympathique. L’implication de toute l’équipe du restaurant Pages est exemplaire. La performance d’un vin blessé de la Romanée Conti est pour moi la surprise la plus belle, car il faut toujours donner sa chance à un vin, tant les surprises sont étonnantes.