Article mis en avant

comment utiliser ce blog ?

Pour me contacter, cliquez sur ce lien : me contacter .
Ce blog n’est pas un guide au sens classique. C’est plus le roman d’aventures d’un passionné de vins anciens et de gastronomie.
On peut accéder à ce blog en cherchant sur un mot (restaurant, vin, année, un plat) ou en suivant le calendrier où les titres de chaque sujet sont indiqués.  Pensez à aller sur d’autres pages que la première, car il y a des sujets passionnants à toutes les pages.

Le détail des prochains dîners se lit ici : https://www.academiedesvinsanciens.org/programme-des-diners/

 

 

 

 

(ouverture de Mouton 1918 dont l’étiquette Carlu est en tête de ce blog. A gauche, on reconnait Mouton 1945)

 

 

 

 

 

 

Il n’est pas prévu – pour l’instant – de dialogue directement sur le blog, car je ne pourrais pas le gérer. Mais on peut m’adresser des questions, des commentaires, des suggestions par mail en se servant du formulaire que l’on trouve en cliquant sur ce lien : me contacter .

On peut me joindre sur twitter  @FrancoisAudouze  et pour mieux me connaitre : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Audouze

Comment me joindre

Remarque importante : je ne suis en aucun cas un organe d’évaluation de la valeur des vins ni d’authentification des étiquettes. Pour toute les questions relatives à la vente, l’achat ou l’estimation d’un vin ou à son authentification, j’ai préparé une réponse type, donnant des informations que l’on peut lire ici : Vous m’avez posé une question sur la valeur et ou la vente des vins que vous possédez . Si je ne réponds pas à un message, c’est parce que j’estime que ma réponse n’apporterait rien de plus que la réponse-type. Merci de votre compréhension.

Et sur Instagram à @françoisaudouze

Bulletins du 1er semestre 2026, du n° 1079 à … vendredi, 9 janvier 2026

Bulletins du 1er semestre 2026, du numéro 1079 à …

Pour lire le bulletin de votre choix, on clique sur le lien pour ouvrir le pdf de ce bulletin

To read a bulletin, click on the link of this bulletin

(bulletin WD N° 1079 260110)    Le bulletin 1079 raconte : présentation d’un livre « 1855 Culte et Cultures » au siège parisien de Christie’s, dîner au Grand Véfour pour célébrer la parution de ce livre, déjeuner aux vins impromptus au restaurant Pages et présentation des vins incroyables de la 43ème Académie des vins anciens.

dîner de la Saint-Sylvestre 2025 mercredi, 31 décembre 2025

Pour une fois, le réveillon de la Saint-Sylvestre se tiendra à notre domicile et pas dans notre maison du sud. Nous recevrons six amis et deux couples passeront la nuit chez nous.

J’avais fait un programme de onze vins mais comme nous ne sommes que sept à boire, j’ai allégé d’un bordeaux blanc et d’un vin du Rhône rouge et du fait des arrivées décalées des invités, j’ai rajouté un champagne. Ma femme a préparé le repas pendant trois jours, avec l’envie de faire un grand repas.

Le menu sera : amuse-bouches avec poutargue, gougères, saucisson, jambon espagnol Pata Negra, olives, œufs de caille, foie gras et autres / deux caviars avec du thon cru / deux autres caviars avec des coquilles Saint-Jacques crues / boudin blanc à la truffe / deux services de wagyu / Brillat-savarin / madeleines et financiers.

Des amis sont arrivés deux heures avant l’heure prévue car ils ont eu peur des manifestations devenues traditionnelles de fin d’année. Prévoyant ces décalages d’arrivées j’avais mis au frais un Champagne Taittinger Comtes de Champagne 2006 que j’ouvre devant eux. Je savais que ce 2006 est une véritable réussite, mais ce champagne va bien au-delà de mes attentes. Il est d’une profondeur spectaculaire. Il est riche, envahit le palais et se montre percutant. Quel grand champagne à l’aube de sa vie !

Les autres amis arrivent, et l’un d’eux montre des tranches fines d’un thon cru qu’il suggère pour l’apéritif. Simplement en le voyant, je pense que sa place sera de cotoyer les caviars, car le Champagne Dom Pérignon 1962 ne me semble pas du tout adapté à lui. Le 1962 est tout en douceur et en rondeur. Il est charmant, facile à vivre, ce qu’il n’exclut pas sa belle complexité. C’est champagne de plaisir, à l’aise sur tous les amuse-bouches et qui trouve avec le foie gras une association gourmande.

Le Tokaji Aszu Esszencia Hongrie 1915 est logé dans une structure en bois qui exige que l’on trouve la façon de l’extraire de cette boîte sans parois. Il fait libérer le col de la bouteille par une sorte de pont-levis. J’ai voulu faire cette ouverture devant les amis car une telle présentation est rare. Après plusieurs minutes, aidé des conseils des amis et de Chat GPT, la bouteille sort de son carcan et le bouchon vient entier, délivrant un parfum magique.

Nous passons à table et j’annonce que ce repas, fait selon la philosophie de mes dîners, sera le 306ème de mes dîners.

Deux caviars, l’osciètre et le kristal se mangent avec du pain et du beurre et on leur a ajouté le thon cru. L’accord thon et osciètre est tellement pertinent. Nous nous régalons. Le Champagne Krug 1982 est très différent du 1962. Il est noble, glorieux et montre qu’il incarne l’aristocratie du champagne. Il s’accorde à merveille avec les caviars et le thon.

Le deuxième plat a aussi deux caviars, l’osciètre et le baeri qui sont posés sur des tranches de coquille Saint-Jacques crues, à la douceur extrême. L’accord avec le Krug est agréable et je pense que le Dom Pérignon aurait aussi apprécié la délicatesse des coquilles.

L’Hermitage Blanc Château de Thouet Salavert 1949 est une grande surprise, car l’accord avec le boudin blanc à la truffe est phénoménal. Ils sont faits l’un pour l’autre. La cohérence de ce vin joyeux qui n’a pas l’ombre d’une trace d’âge est enthousiasmante. Nous sentons tous que c’est un grand moment de gastronomie.

Le premier service de wagyu est fait avec deux vins de Bordeaux, le Château Haut Bailly 1962 et le Château Cheval Blanc 1943. Ce sont deux vins très différents. Le 1962 est percutant, tout en longueur et en profondeur comme l’était le champagne de Taittinger. Au contraire le 1943 est en rondeur et en grandeur, avec la noblesse qui n’appartient qu’aux grands vins d’un grand millésime. On peut aimer les deux mais dans les votes le Cheval Blanc sera le plus apprécié.

La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1964 accompagne le deuxième service de wagyu. Il donne instantanément l’image du vin parfait. On sent tout de suite qu’on est au sommet de ce que le domaine de la Romanée Conti peut offrir. Il y a de la sagesse, de la subtilité mais surtout de l’émotion. On le boit en se recueillant. Quel bonheur.

L’Hermitage La Chapelle Paul Jaboulet Aîné 1990 est servi avec le Brillat-savarin. Ce vin d’un équilibre rare est conçu comme une œuvre architecturale. Il est d’une précision étonnante. Il est « jeune » à mon goût et je ressens que trente ans de plus le mettraient dans le sillage du mythique 1961.

Le Tokaji Aszu Esszencia Hongrie 1915 est servi sur des madeleines et des financiers. Le silence se fait car nous pensons que nous sommes face à un vin hors du commun, riche, intense, exotique, doux et profond. Une image de la perfection. Ce bonheur unique nous laisse sans voix.

J’avais prévu un Porto de 1943 mais j’ai envie de proposer autre chose. Il y a un meuble où j’ai des dizaines d’alcools qui ont été ouverts au fil du temps. Je dis à mes amis : choisissez de boire ce que vous voulez. Je sors une Fine Normande 1903, un marc de rosé d’Ott 1929, un Quetsch de 50° des années 50 et le fameux calvados d’un chauffeur de ma société que j’adore au dessus de tout et que je boirai.

Nous sommes sept à voter pour huit vins car le 2006 Comtes de Champagne n’était pas sur ma liste. Le Tokaji rafle six votes de premier et La Tâche gagne le vote de premier qui reste à attribuer.

Le classement de la table est : 1 – Tokaji Aszu Esszencia Hongrie 1915, 2 – La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1964, 3 – Château Cheval Blanc 1943, 4 – Champagne Krug 1982, 5 – Hermitage Blanc Château de Thouet Salavert 1949, 6 – Champagne Dom Pérignon 1962.

Mon vote est : 1 – Tokaji Aszu Esszencia Hongrie 1915, 2 – La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1964, 3 – Hermitage Blanc Château de Thouet Salavert 1949, 4 – Champagne Krug 1982, 5 – Château Cheval Blanc 1943.

Nous avons tous senti que nous vivions un dîner exceptionnel avec deux accords émouvants, le boudin avec l’Hermitage blanc 1949 et le wagyu avec La Tache 1964, suivis par l’émotion intense du Tokaji. Voilà un beau moyen de finir l’année 2025 sur du bonheur.

dîner de Noël mercredi, 24 décembre 2025

Trois jours avant Noël, la cuisine est en pleine ébullition. Ma femme essaie des recettes car elle veut un dîner de Noël parfait. Ayant vent de ce que pourrait être le menu, j’ai déjà fait une sélection de vins.

Le jour venu nous recevons nos deux filles et leurs quatre enfants pour célébrer Noël. Notre fils et ses enfants fêtent Noël aux États Unis.  Comme les deux groupes arrivent avec un décalage, je cherche un champagne pour occuper le temps. Dans l’un des réfrigérateurs où se trouvent des vins, il y a des bouteilles entamées de récentes réceptions.

Je prends un Champagne Besserat de Belfond 1966 dont il reste de quoi faire quelques verres. La couleur est belle, le nez est peu avenant mais en bouche, quelle belle surprise. Le champagne a gardé une belle vivacité et une expression intéressante. Il est presque gourmand.

Il reste encore un peu de ce champagne quand ma fille cadette arrive et je lui dis : « tu sais le parfum n’est pas bon mais le goût est agréable ». Elle prend le verre que j’ai versé. Elle sent et se retourne vers moi : « mais ça sent bon ». Je sens aussi et le parfum est parfait. Décidément les vins offrent souvent de belle surprises.

Ma femme a préparé des feuilles de brick pliées en triangles – enfin pas toutes car sa géométrie n’est pas conventionnelle – et fourrées de crème d’oignon. Il y a aussi de fines tranches de saucisson corse que l’on peut associer à de délicieuses gougères.

Le Champagne Krug Grande Cuvée étiquette crème qui est de la deuxième génération des Grandes Cuvées avait fait un petit pschitt à l’ouverture, mais c’est quand même un pschitt que l’on doit signaler pour un champagne de plus de quarante ans. Ce champagne est noble, imposant, complexe et de grand plaisir.

Le menu préparé par ma femme est : deux caviars, un Baeri et un Osciètre, avec du pain et du beurre / boudin blanc à la truffe noire / poulet avec une purée de marron / Brillat-savarin à la truffe / bûche grains d’orge et noix de Grenoble créé par le chef Bras.

Le Champagne Dom Pérignon 1973 est en complet contraste avec le Krug. Il est doux, plaisant et charmeur. Avec le caviar il est idéal. J’ai un amour particulier pour le Dom Pérignon 1973 que j’ai bu avec Arnaud Donckele au tout début de nos relations, mais celui de ce soir n’est pas le meilleur des 19 que j’ai bus.

Le Montrachet Domaine de la Romanée Conti 1989 accompagne le boudin blanc. L’ouverture de ce vin avait été difficile car le bouchon était descendu de deux centimètres environ et une boursoufflure du verre du goulot empêchait de retirer le bouchon sans le déchirer. Le nez du vin est assez discret, ce qui n’est pas habituel. Le vin est très puissant et l’on voit à quel point il est solide. Mais il manque de la largeur que j’aurais aimé trouver. Il est bon, bien sûr, mais pas glorieux.

Sur le poulet délicieux, le Moulin à Vent  du domaine des Hospices de Romanèche-Thorins 1964 au parfum délicat et subtil se montre émouvant tant il est comme le parfum émouvant et subtil. C’est un vin que l’on ne peut qu’aimer. J’ai toujours eu un amour pour les beaujolais anciens, car avec le beaujolais nouveau, on a donné l’impression que ce vin devait se boire jeune, alors que comme les grands bourgognes, il devient subtil en vieillissant et beaucoup plus complexe. Ce vin est un régal.

J’avais acheté un Brillat-Savarin à la truffe parce que le fromager n’avait pas de Brillat-Savarin ‘nature’. Je suis allé en acheter un ‘nature’ dans un autre magasin, et lorsque j’ai goûté les deux celui à la truffe avait beaucoup plus de charme que l’autre et un gras fluide délicieux. Avec le beaujolais l’accord se trouve même si le Moulin à Vent n’a pas la largeur que de puissants bourgognes plus adaptés offriraient.

Pour la bûche, nous buvons le Château d’Yquem ½ bt 2001. Cette année est légendaire et j’avais eu une forte émotion lorsque je l’avais découvert le jour de sa sortie officielle. Je trouve que celui-ci a évolué vers plus de caramel, ce qui n’est pas la direction que j’aime le plus. Il est grand bien sûr mais je pense qu’il faudra le laisser vieillir pendant de longues années, car il a le potentiel pour devenir mythique.

Le lendemain midi, jour de Noël, seule ma fille cadette et ses deux enfants sont restés, rejoints par Victoire, leur nounou de toujours.  Nous avons continué de boire les vins de la veille, sur un filet de saumon cru puis sur une tarte à l’oignon. La grande surprise, c’est un vin ouvert hier mais non servi, un Gevrey-Chambertin Grivelet Cusset 1943 absolument délicieux qui a fortement impressionné ma fille.  Discret et délicat comme le Moulin à Vent, il a montré une subtilité, une justesse qui en font un grand vin, bien sûr pas tonitruant, mais d’une élégance exceptionnelle.

Ma femme avait préparé des madeleines et des financiers selon la recette de Pascal Barbot le chef de l’Astrance. Ce fut un délicieux point final à un joyeux Noël.

Pour ces deux repas, mon classement est :

1 – Gevrey-Chambertin Grivelet Cusset 1943

2 – Moulin à Vent Hospices de Romanèche Thorins 1964

3 – Champagne Krug Grande Cuvée étiquette crème

4 – Champagne Dom Pérignon 1973

Dans une ambiance familiale joyeuse, avec des petits-enfants qui s’extasient à chaque cadeau qui leur est donné, nous avons eu un Noël mémorable de grand bonheur.

Bulletins du 2ème semestre 2025, du numéro 1063 à … samedi, 20 décembre 2025

Bulletins du 2ème semestre 2025, du numéro 1063 à …

Pour lire le bulletin de votre choix, on clique sur le lien pour ouvrir le pdf de ce bulletin

To read a bulletin, click on the link of this bulletin

(bulletin WD N° 1078 251223)    Le bulletin 1078 raconte : un déjeuner comme un Casual Friday au restaurant Pages, des vins merveilleux au restaurant L’Ecu de France et l’annonce d’un beau livre sur la classification des vins de Bordeaux de 1855.

(bulletin WD N° 1077 WD 251213)    Le bulletin 1077 raconte : déjeuner au siège des champagnes Salon et Delamotte et dîner de grands vins au restaurant Comme chez Soi de Bruxelles organisé par la société Vincroyable, dans l’esprit de mes dîners.

(bulletin WD N° 1076 251203)    Le bulletin 1076 raconte : déjeuner d’anniversaire en famille et 304ème dîner à Reims, la première fois à l’Assiette Champenoise d’Arnaud Lallement.

(bulletin WD N° 1075 251119)    Le bulletin 1075 raconte : dîner au restaurant l’Ecu de France où un jeune italien a eu un plaisir émouvant, dîner au restaurant Hakuba de l’hôtel Cheval Blanc et déjeuner au restaurant Pages, le déjeuner Enigma, 303ème repas de wine-dinners.

(bulletin WD N° 1074 251111)    Le bulletin 1074 raconte : le 302ème dîner de wine-dinners au restaurant Maison Rostang Nicolas Beaumann, déjeuner du dimanche en famille, déjeuner au Yacht Club de France et déjeuner « couscous » avec des amis d’école au restaurant Harissa.

(bulletin WD N° 1073 251029)    Le bulletin 1073 raconte : déjeuner au restaurant Le Sergent Recruteur avec des vins d’Algérie et le 301ème de mes dîners au restaurant Astrance.

(bulletin WD N° 1072 251021)    Le bulletin 1072 raconte : un champagne de Bouzy inconnu, déjeuner à l’Assiette Champenoise pour préparer un futur dîner, déjeuner au restaurant Pierre Gagnaire, dîner au restaurant Hanada et déjeuner au restaurant Pages avec un vin australien de 1883.

(bulletin WD N° 1071 251009)    Le bulletin 1071 raconte : déjeuner au restaurant de l’hôtel Lilou, trois déjeuners au restaurant l’Aventure, déjeuner au restaurant A.M. d’Alexandre Mazzia, une « battle » entre Salon 2008 et 2015 et déjeuner d’amis dans ma cave.

(bulletin WD N° 1070 250930)    Le bulletin 1070 raconte : déjeuner au restaurant l’Aventure, apéritif chez des voisins, arrivée des premiers convives du 15 août, déjeuner au restaurant d’Alexandre Mazzia et 300ème repas de wine-dinners dans ma maison du sud.

(bulletin WD N° 1069 250923)    Le bulletin 1069 raconte : comparaison de deux champagnes Salon, réception de voisins, déjeuner au restaurant l’Aventure, déjeuner avec des vins algériens exceptionnels, apéritifs d’été et déjeuner au restaurant Brise Marine.

(bulletin WD N° 1068 250911)    Le bulletin 1068 raconte : apéritif au restaurant Rouge, dîner au restaurant de l’hôtel Lilou, comparaison de champagnes, dîner au restaurant Rouge et plusieurs repas au restaurant l’Aventure.

(bulletin WD N° 1067 250903)    Le bulletin 1067 raconte : 299ème dîner au restaurant Le Doyenné situé à Saint-Vrain, déjeuner au restaurant l’Aventure dans le sud, et déjeuner au restaurant de l’hôtel Lilou à Hyères.

(bulletin WD N° 1066 250825)    Le bulletin 1066 raconte : dégustation de vins de Bourgogne organisée pour le club d’amateurs de vins d’une grande société internationale de conseil et déjeuner au restaurant La Maison Arthur Dubois.

(bulletin WD N° 1065 WD 250818)    Le bulletin 1065 raconte : 298ème dîner, imaginé et créé sous le signe d’une totale extravagance et déjeuner au restaurant Le Doyenné à Saint-Vrain où se tiendra un futur dîner.

(bulletin WD N° 1064 250715)    Le bulletin 1064 raconte : compétition de dégustation à l’aveugle au siège de la maison Bollinger pour 14 écoles de commerce, déjeuner avec les élèves et 297ème dîner de wine-dinners au restaurant Maison Rostang Nicolas Beaumann.

(bulletin WD N° 1063 250702)    Le bulletin 1063 raconte : dégustation de vins anciens pour les élèves de l’Association Grands Crus HEC et 296ème repas de wine-dinners au restaurant Plénitude Arnaud Donckele avec 17 vins dont 12 premiers grands crus classés de Bordeaux, pour célébrer la classification de 1855.

Un Palmer 1989 sublime mercredi, 17 décembre 2025

Lors d’un déjeuner au restaurant Pages, je reçois une personne qui est unerelation professionnelle. Comme il n’a pas d’expérience des vins anciens je choisis de lui faire connaître des vins matures, mais pas trop. Le menu composé avec le chef Ken et Pierre Alexandre le directeur est : poisson cru en carpaccio / cabillaud sauce vin rouge / bœuf maturé de plusieurs semaines / wagyu / financiers. Cette cuisine simple est parfaite pour accompagner les vins.

Nous buvons un Champagne Dom Pérignon 1985 qui est d’une belle énergie, fort et gourmand. Il est d’un bel équilibre et d’une belle longueur. Le carpaccio lui convient.

J’ai apporté un Château Palmer Margaux 1989. Quelle puissance, quelle profondeur de goût. Ce vin est exceptionnel. Ce vin impose sa grandeur et je trouve en lui un message que jamais les bourgognes n’auraient aussi percutant. Je m’en veux d’avoir délaissé les bordeaux de cet âge en me consacrant à des bordeaux beaucoup plus vieux, car il y a dans ce vin noble une énergie et une profondeur qui sont rares.

J’avais il y a deux jours ouvert un sauternes inconnu et sans date qui je daterais volontiers entre 1890 et 1900. Il est toujours aussi magistral, équilibré et de belle longueur mise en valeur par de délicieux financiers.

rencontre d’un collectionneur italien lundi, 15 décembre 2025

Maxime, l’un des organisateurs des compétitions entre grandes écoles de dégustation de vins à l’aveugle auxquelles j’ai récemment participé en tant que membre du jury, m’a proposé de rencontrer un amateur de vins italiens, collectionneur de vins italiens anciens. Son père était vigneron et il a cultivé un goût pour les vins anciens. Il a visité une multitude de vignerons et dans l’article de presse que j’ai lu, j’ai trouvé un détail particulier. Ayant eu la possibilité d’acheter des vins de la cave d’un amateur défunt à sa veuve, il s’est mis à repérer tous les décès de sa région, pour acheter les vins des veuves !

Rino Fontana, grand amateur de vins anciens, déjeunera avec moi, accompagné de son épouse et d’un sommelier italien qui a travaillé à la Tour d’Argent, et de Maxime qui a permis cette occasion. J’ai choisi le restaurant Pages pour ce déjeuner. Le choix des vins pour cette occasion est un exercice que j’adore. Il n’est pas question de mettre des vins que tout le monde connaît. Je choisis plus de vins que nécessaire pour ajuster ensuite en fonction des apports.

Voici mon choix : un Champagne Mesnil-sur-Oger Blanc de Blanc Premier Grand Cru # 1900 /1930, un Grand Meursault Charmes Matrot Frères 1928, un Châteauneuf du Pape 1927 ou 1929, un Château Chalon Jean Bourdy 1935 et une bouteille totalement inconnue, probablement un sauternes fin du 19ème siècle.

Rino Fontana, de son côté a prévu d’apporter un Gaja Barbaresco Infernot 1967, un Barolo E. Pira & Figli 1955, un Barolo Giacomo Borgogno & Figli 1947 et un Brunello di Montalcino Soldera 1982.

J’arrive avant 11 heures au restaurant Pages et je commence à ouvrir le Meursault Charmes 1928. Le bouchon est tellement dur à retirer qu’il se disperse ‘façon puzzle’ sur la table et par terre. Cela vient du relief tortueux du goulot. Devant tant de dispersion j’ai peur que le nez du vin soit perturbé mais en fait c’est un vin riche et séduisant au palais et de belle couleur.

Le champagne du Mesnil a un bouchon fermé par un clip métallique en forme de U qui traverse une fente pratiquée dans la partie supérieure du bouchon. Ce s’appelle l’agrafe. Il faut un effort pour enlever l’agrafe. Le parfum à l’ouverture est frais et vif.

Tous les convives sont à l’heure. Ils ont apporté un Champagne Krug Grande Cuvée Etiquette crème années 80 que nous buvons avant de passer à table. Le goût de ce champagne délicieux est très proche de celui du Krug étiquette olive que j’avais bu avec Dirk Niepoort. Ces deux champagnes sont magistraux et tellement gourmands. Rino a ouvert ses vins ce matin dans son hôtel. Il demande que ses vins soient un peu rafraîchis.

Le menu mis au point avec le chef Ken et Pierre Alexandre le directeur est : deux services de carpaccios de poisson / poisson maigre avec une sauce umami / canard de Challans et topinambour / deux services de wagyu / financiers.

Le Champagne Mesnil-sur-Oger Blanc de Blanc Premier Grand Cru # 1900 /1930 est d’une grande émotion. Il a la tension et la vivacité des champagnes du Mesnil et on ne pourrait pas lui donner d’âge tant il est vif. Je suis très touché par sa prestance.

Le Grand Meursault Charmes Matrot Frères 1928 a une couleur de miel doré. Il est rond et cohérent et crée un bel accord avec le délicieux poisson. J’aime son expression.

Le Gaja Barbaresco Infernot 1967 est de grande puissance. Il est incisif tout en ayant du charme.

Le Barolo E. Pira & Figli 1955 est plus large et séducteur. Son équilibre est impressionnant.

En buvant le Barolo Giacomo Borgogno & Figli 1947 on va crescendo et la personnalité de ce vin d’un équilibre parfait est éclatante. Rino nous raconte des hsitoires sur ces vins qu’il chérit.

Rino a voulu faire servir en dernier le Brunello di Montalcino Soldera 1982 vin mythique et d’une puissance extrême. Mais pour mon goût ce vin est encore trop jeune et « tout fou ». Mais mes amis italiens l’adorent.

Je décide alors d’ouvrir le vin qui n’a pas la moindre indication sur la bouteille ou le bouchon. Cette bouteille me rappelle une identique que je pensais être un sauternes ancien et qui se révéla être un rhum. Alors que vais-je ouvrir ? C’est en fait un Sauternes inconnu sans étiquette, sans capsule années 1890 / 1900 qui est plus calme que flamboyant, de grand équilibre et long en bouche. Avec des financiers, il est parfait.

J’ai beaucoup parlé de ma vision du vin et nous avons pu constater que nos pensées sont très proches. Rino est très généreux et souriant. Nous avons passé un très agréable moment avec des vins de haut niveau. Mes coups de cœur du repas sont le champagne du Mesnil si fluide et précis, le plus vieux que j’aie bu du Mesnil, le Meursault Charmes qui a les qualités des vins de 1928 l’une des plus grandes années du 20ème siècle, le génial Barolo Giacomo Borgogno & Figli 1947 d’une structure parfaite et d’un goût noble et impressionnant et le sauternes inconnu, impromptu et charmant.

Le restaurant Pages a réussi, une fois de plus, à faire un repas idéal pour ces grands vins.

Dirk Niepoort visite ma cave samedi, 13 décembre 2025

Un vendredi après-midi, Dirk Niepoort m’appelle et me demande si nous pourrions nous rencontrer le lendemain. Un peu fatigué par la semaine écoulée, l’idée d’aller à Paris pour le voir ne me tente pas trop. Mais l’envie de le voir l’emporte et je lui propose de venir visiter ma cave car j’avais visité la sienne, bien évidemment différente de la mienne.

De bon matin le samedi, j’achète du pain, des crèpes et des madeleines car j’ai déjà en tête le vin que je veux ouvrir. J’ai pris par ailleurs un pot de pâté au foie gras et un morceau de comté. Arrivé à mon bureau je mets une nappe sur la table ovale qui fait face à l’immense collection de bouteilles vides qui anime la très grande salle du cimetière des vins les plus prestigieux que j’ai bus.

A un moment je pense que le pâté irait mieux avec un champagne et j’ouvre un Krug Grand Cuvée étiquette olive qui est la première édition de ce beau champagne.

Dirk arrive avec sa femme Anna. Nous visitons la cave et Dirk est très intéressé et regarde de nombreuses bouteilles de vins qu’il connaît ou non. Anna est aussi impressionnée et nous bavardons pendant cette promenade dans les allées de la cave. Nos visions du vin sont très similaires.

Nous remontons pour déjeuner et je raconte comment j’ai préparé ce déjeuner impromptu. Anna, sensible à la visite et à mon accueil pleure d’émotion et de bonheur car elle voit bien l’amitié qui existe entre Dirk et moi.

Le Champagne Krug Grande Cuvée étiquette olive années 80 est fait de vins des années 80 mais surtout des années 1970. Le bouchon de la bouteille s’était cisaillé à l’ouverture et donne à Dirk l’impression que le champagne est très vieux. Ancun pschitt n’avait existé à l’ouverture. La bulle est rare mais le pétillant est très fort. Ce champagne est brillant, puissant et conquérant. C’est un très grand Krug extrêmement expressif. L’accord avec le pâté de foie gras est idéal.

Dans la cuisine, j’ouvre devant mes amis une Malvoisie des Canaries 1828. Une fois la cire enlevée le petit bouchon qui devrait sortir facilement se déchire en lambeaux pour une raison simple : il y a une surépaisseur de verre en haut du goulot qui empêche le bouchon de monter.

La couleur du vin dans le verre est de deux teintes, jaune et marron qui ne se mélangent pas et changent comme celles d’un cristal selon l’orientation lorsque l’éclairage est mouvant. Le nez est magique, puissant et mêlant la douceur et une profonce intensité. En bouche, c’est un vin doux, mais en même temps ‘dry’, c’est-à-dire d’une fraîcheur sèche. Je suis amoureux de ces vins que j’ai bus tant de fois car j’avais eu la chance d’en acheter beaucoup. Et je voulais que Dirk, qui fait un porto sublime, voie cette version d’un vin doux et sec, à la longueur en bouche infinie.

Pendant la visite j’ai pris en cave une bouteille unique, déjà ouverte depuis longtemps d’une Fine de Mouton provenant de la cave personnelle de Philippe de Rothschild, que j’avais bue plusieurs fois. Boire cet alcool juste après la malvoisie montre à quel point le goût est raffiné, d’une justesse impressionnante. Un grand moment.

Anna a fort gentiment rangé le désordre du repas. Dirk m’a offert un vin rouge de sa production. Nous nous sommes promis de nous revoir. Ce moment d’amitié a effacé toutes traces de fatigue et m’a au contraire apporté une bouffée de bonheur.

dégustation des 2022 du domaine de la Romanée Conti mercredi, 10 décembre 2025

Chaque année, la société Grains Nobles présente les vins de la Romanée Conti dans le millésime qui vient d’être mis en bouteilles. Pour la première fois Aubert de Villaine ne sera pas le présentateur. C’est Perrine Fenal, co-gérante de la Romanée Conti depuis 2019 qui fera cette présentation.

L’année 2022 a une marque spéciale : tout est ‘trop’. Trop de soleil, trop de vins, trop de fûts. Le printemps fut enthousiasmant par son exubérance. La floraison fut précoce et l’été chaud brûlant et tout ce qui était excessif devint mesuré. Les vendanges commencées fin août se finirent le 13 septembre. Il y a eu une abondance de raisins donnant des jus parfaits. Ce millésime est particulier mais d’une grande clarté.

La maison Riedel représentée par son président nous a permis de boire dans des verres très adaptés aux vins. Les notes qui vont suivre ont été prises au fil de la plume, et parlent du vin tel que je le bois, dans son état actuel, et non pas en imaginant son futur, sauf si je l’évoque.

Le Corton Charlemagne Grand Cru Prince Florent de Mérode Domaine de la Romanée Conti 2022 est un vin que la Romanée Conti a commencé à vinifier en 2009. Il rassemble trois Cortons, le Bressandre, le Renard et le Clos du Roi. Aubert de Villaine avait envisagé de les vinifier séparément après quelques années de transformation des méthodes de vinification. La couleur est un peu violette. Le vin offre une bouffée de senteurs brillantes mais le nez est serré. Il en est de même pour la bouche qui est gourmande mais serrée. Le vin est un peu strict, pas très large mais montre un bel équilibre et une belle texture. Il vieillira bien.

L’Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 2022 a un nez nettement plus plaisant. On change de qualité de vin. Le nez est gourmand et magique. Le vin est agréable en bouche, mais pas aussi long que ce que le nez promet. Le finale est superbe. La longueur viendra plus tard. La qualité du fruit est belle, mais c’est le nez qui est le plus fabuleux.

Le Grands-Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 2022 a un nez très pur mais pas aussi ouvert et gourmand. Ce nez est plus tendu et plus fermé. En bouche le vin est grand et il a plus de matière. Il est plus accompli et plus grand et déjà gastronomique. L’Echézeaux est raffiné et subtil, le Grands Echézeaux est gourmand. Les deux sont précis et d’une grande pureté.

La Romanée Saint-Vivant Grand Cru Domaine de la Romanée Conti 2022 a un nez plus fermé mais tellement élégant ! l’attaque en bouche est élégante et le vin est superbe. C’est un grand vin gourmand mais aussi distingué. Je suis émerveillé par sa précision.

Le Richebourg Grand Cru Domaine de la Romanée Conti 2022 a un nez très riche et une bouche magique. D’une grande longueur, il est puissant et riche. Il est vibrant au point que je ressens des frissons. Ce 2022 est un géant, de réussite totale. Ce Richebourg est d’un millésime magistral, associant puissance et fraîcheur.

Paradoxalement, La Tâche Grand Cru Domaine de la Romanée Conti 2022 a un nez moins conquérant que le Richebourg. Ce vin est grand mais encore fermé. A ce stade il me paraît un peu scolaire. Il est plus une promesse même s’il est assez gourmand.

La Romanée Conti Grand Cru Domaine de la Romanée Conti 2022 a un nez très délicat et subtil. L’attaque est joyeuse et canaille. Le finale est un peu poivré. Le vin est très grand et solide. Il est plus gourmand que ce qu’est habituellement une Romanée Conti. Il est très doux et gracieux. Il va être géant, mais plus tard.

De tous ces rouges, la grande surprise, c’est le Richebourg. En le buvant après la Romanée Conti, on voit comme il est gourmand.

Nous passons aux vins blancs qui selon l’adage : blanc sur rouge, rien ne bouge…

Le Corton Charlemagne Grand Cru Domaine de la Romanée Conti 2022 est servi dans un verre prévu pour les blancs de Bourgogne, pertinent comme l’autre verre l’était pour les rouges. Le nez est un peu fermé mais noble. La bouche est plaisante et combine gourmandise et rigueur. Ce vin manque un peu de largeur qu’il aura plus tard. Le plaisir est limité à ce stade de sa vie. Mais il est quand même grand quand le vin s’est réchauffé dans le verre.

Le Montrachet Grand Cru Domaine de la Romanée Conti 2022 a un nez d’une noblesse rare. Il est très pur. En bouche l’attaque est gourmande. Le vin est d’une grande puissance et d’une belle rondeur, sans aucun botrytis. Même s’il a une belle attaque il faudra attendre ce vin qui manque un peu de finale.

Michel Bettane présent a apporté des commentaires sur ces vins, en plus des présentations de Perrine Fenal, en insistant sur la précision du travail qui a été fait au domaine.

J’avais bu tous ces vins de 2022 sur fût au domaine de la Romanée Conti  le 15 mai 2023 et j’avais commenté ces vins dans le bulletin 996. Ces vins étaient alors des promesses incroyables et j’en avais été ému. Ils sont plus affirmés aujourd’hui et porteurs de belles promesses. La tentation sera très grande de les boire jeunes. La sagesse serait sans doute d’attendre, car ces 2022 ont tout le potentiel pour devenir des vins aussi glorieux que les 1928. J’en suis persuadé, mais je ne serai plus là pour en faire la preuve. Pourvu que mes petits-enfants en gardent !!!

déjeuner de conscrits au Yacht Club de France mardi, 9 décembre 2025

L’ami grec de notre club de conscrits nous invite au Yacht Club de France. L’apéritif comporte poutargue, Saint-Jacques et charcuteries fines. Nous buvons un Champagne Ayala Brut sans année qui est particulièrement agréable, joyeux et bien fait.

Le menu composé par Thierry Le Luc, gérant du Yacht Club est : belle assiette de fruits de mer / rôti de lotte comme une viande, sauce homard au poivre, pommes duchesse, légumes de saison / fromages d’Eric Lefebvre MOF / buchette chocolat noir croustillante.

Le Chablis Vieilles Vignes Jean Durup 2022 est très agréable sur les langoustines. Il a une belle structure et emplit bien le palais.

Le Meursault Les Tillets domaine Pierre Labet 2017 est gourmand mais a moins de finesse que le chablis.

Je ne bois quasiment jamais les seconds vins des châteaux bordelais puisque j’ai en cave leurs grands crus. De ce fait, l’Amiral de Beychevelle Saint-Julien 2015 est une très agréable surprise, car il a un gouleyant que je n’attendais pas aussi joyeux.

Il fut un temps où dans notre club nous refaisions le monde. Comme la France est en train de se détruire avec délectation, la cause est entendue : la France se meurt, la France est morte.

des vins à risque et des merveilles dimanche, 7 décembre 2025

J’ai commencé à entrer des vins en cave en 1970. C’est en 1975 qu’est apparu mon amour pour les vins anciens. De ce fait il y a dans ma cave des bouteilles dont l’espérance de vie est en question, généralement du fait de la faiblesse du bouchon qui ne joue plus son rôle, mais aussi des blessures des capsules qui favorisent les évaporations. Comme mon âge avance, je sais que je ne pourrai pas boire tous les vins qui m’attendent, alors il faut que je m’intéresse aux vins qu’il faut ‘sauver’, c’est-à-dire, les boire avant qu’il ne soit trop tard.

C’est évidemment avec mon fils que je peux « sauver ces soldats blessés ».

J’ai ouvert de bon matin les vins du repas. En premier, La Tâche 1954 au niveau très bas. Le haut du goulot est plein de poussière et le bouchon est noir et poussiéreux. Tout est sale et mes mains sont noires. Et, pour couronner le tout l’odeur est désagréable et nauséabonde. Tout laisse prédire un vin imbuvable.

J’ouvre donc un Corcol Grand Vin de Beaune Bourgogne 1938 qui a lui aussi un bouchon noirci et sale, mais le parfum annonce un vin probablement buvable.

J’ouvre ensuite un Champagne Maurice d’Arhanpé Blanc de Blanc Mareuil sur Ay 1955 venant d’un caviste de Monte Carlo. C’est curieux qu’on fasse à Mareuil un blanc de blancs dans la région des blancs de noirs. Le bouchon se cisaille lorsque je le tourne pour le sortir. L’odeur est possible, nous verrons.

Comme je ne peux pas imposer à mon fils uniquement des vins ‘en sursis’, j’ai ouvert une demi-bouteille de Champagne Perrier-Jouët Réserve Cuvée Finest quality Extra Dry 1928 réservé pour la Grande Bretagne qui est d’une rare beauté. Le bouchon vient entier et il a une particularité que je vais essayer d’élucider : au centre de la capsule rouge, il y a comme la tête d’un clou doré, qui porte un nombre : 40. De quoi s’agit-il, je ne sais pas.

Quatre heures plus tard, nous prenons l’apéritif autour d’un caviar osciètre de Kaviari, absolument délicieux. Le couleur du Champagne Maurice d’Arhanpé Blanc de Blanc Mareuil sur Ay 1955 est presque rouge foncé. En bouche, le champagne est délicieux. Il a des signes d’âge qui ne limitent pas le plaisir de le boire. 1955 est une grande année dans beaucoup de régions dont la Champagne. L’accord est grand avec le caviar et moins avec une rillette de porc. Nous considérons, mon fils et moi, que c’est un grand champagne.

Nous passons à table. La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1954 est d’un belle couleur d’un beau rouge et ce qui est ahurissant, c’est que le parfum est parfait. Je suis habitué aux resurrections de vins de la Romanée Conti, mais c’est quand même invraisemblable que le vin soit si grand. Nous avons l’une des plus belles expressions de La Tâche, avec le côté salin si reconnaissable. Sur un poulet délicieux, nous sommes aux anges et d’autant plus que ce vin aurait été éliminé par plus d’un amateur de vins anciens.

Nous n’en sommes pas à une suprise près, car quand le Corcol Grand Vin de Beaune Bourgogne 1938 est servi, on sent nettement un nez de bouchon. Et quand le vin est servi le nez de bouchon est toujours là, mais aucune trace n’est perceptible en bouche. Le vin est agréable mais n’a pas le charme de La Tâche. Il est quand même intéressant. Le Brillat-Savarin fait briller le Corcol 1938 alors que l’Époisse est idéale pour La Tâche.

C’est maintenant le moment de boire le petit bijou que je voulais partager avec mon fils. Le Champagne Perrier-Jouët Réserve Cuvée Finest quality Extra Dry 1928 en demi-bouteille a une couleur d’une incroyable jeunesse, d’un or éblouissant. Et le champagne est majestueux, riche, flamboyant de jeunesse. Quel bonheur ! Alors que j’avais trouvé La Tâche magistrale, ce champagne m’émeut encore plus, car je suis un adorateur du millésime 1928.

Alors que j’avais choisi des vins à risque, le plus en danger étant La Tâche, nous avons bu deux vins merveilleux, La Tâche à la résurrection impensable et le glorieux Perrier-Jouët brillantissime. Mais les autres avaient aussi leur mot à dire, car ils avaient encore de beaux messages. Cette expérience avec mon fils m’a beaucoup plu.